Aller au contenu principal

Les Chrysopes

 

Introduction

Le Lycée du Valentin est très engagé dans des actions de Développement Durable. Il est labellisé au niveau expert des lycées écoresponsables par le Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes. Son exploitation agricole d'une surface agricole d'un peu plus de 60 ha implantée en zone urbaine et périurbaine à Bourg Lès Valence (Drôme) est certifiée Agriculture Biologique. Les pratiques culturales y sont respectueuses de l'environnement et de la santé.

Parlons des ravageurs des cultures...

En conditions naturelles, les populations de ravageurs des cultures sont maintenues à de basses densités par l'intervention de leurs ennemis naturels spontanés, encore appelés auxiliaires.

Remarque un auxiliaire est un organisme vivant qui est bénéfique aux activités humaines. Il peut être spontané (ex la coccinelle à 7 point) ou introduit (ex la coccinelle asiatique), mais aussi un pollinisateur ( bourdons, abeilles), etc.

Une des préoccupations de l'établissement est de préserver ses auxiliaires en les maintenant sur le site ou en enrichissant leur population locale. Une des actions importantes a déjà été réalisée avec l'implantation de haies. D'autres méthodes existent ... c'est l'objet du club Chrysoperlis.

Avec 84 % des élèves du Secondaire internes, la vie au lycée laisse un espace privilégié aux élèves hors des heures de cours dans le cadre des ateliers Développement Durable (DD).

Le club Chrysoperlis est né de cette volonté "Favoriser les auxiliaires naturels présents sur le site du Valentin " et de cette envie avec six jeunes lycéens très fortement motivés de créer cet atelier " Aurélien, Louise, Lucie, Jean, Maëlys et Pierre " soutenus dans cette action par Catherine Çaldumbide, chargée de missions, Joëlle Vial Proviseure-Adjointe et Christine Boyer CPE .

 

Les objectifs de cet atelier sont simples :

  • Préserver et maintenir sur l'exploitation agricole un insecte auxiliaire naturellement présent " la chrysope ".
  • Enrichir sa population par la mise en place d'un petit élevage local de ces insectes.qui permettra des lâchers d'auxiliaires dans les vergers au printemps Remarque : comme ces insectes sont indigènes, déjà présents, leur population s'équilibrera naturellement.
  • Garder un esprit ludique aux activités en privilégiant une approche scientifique.

Le club fonctionne tous les mercredis après midi mais c'est tous les jours ouvrés qu'un tandem va s'occuper de l'élevage. La tenue d'un cahier d'élevage et la création d'une adresse mail commune clubchrysoperlis(at)gmail.com permet aux membres du club d’échanger les informations.

  

Tout commence par la connaissance de la chrysope

Cet insecte est un auxiliaire des cultures ayant une action " insecticide ". Au cours de son développement, les larves munies de mandibules tuent et consomment des insectes ravageurs différents - ses proies. C'est un prédateur polyphage reconnu des pucerons, œufs et toutes jeunes chenilles de papillons, aleurodes, acariens tigre du platane, ce qui est intéressant avouez le !

Remarque : les prédateurs le plus connus sont les coccinelles. Les chrysopes sont plus discrètes. Savez-vous aussi que les oiseaux sont des prédateurs ? Oui ! Mais les plus importants sont ... les araignées...

 

 

 

Fabriquer des boites d'hivernage pour les chrysopes

En milieu naturel, les chrysopes adultes hivernent dans des tas de bois, débris végétaux.

Pour les aider à survivre à la rigueur de l'hiver, nous avons fabriqué des boites d'hivernage (inspirées du modèle INH) à installer sur le site du Valentin. Encadrés et guidés par l'animatrice du club, ils ont fait preuve de beaucoup d'enthousiasme et de bonne humeur à l'ouvrage, assemblant les planches, pour préparer un nid douillet à leurs futurs hôtes. Ces boites constitueront un lieu propice à l'hivernage de ces insectes.

 

 

 

 

 

Lancement de l'élevage

Soyons clairs il ne s'agit pas un élevage industriel (d'autres sont très qualifiés voir nos soutiens). Il ne s'agit pas non plus de rechercher la rentabilité mais juste d'avoir un geste pour l'environnement et d'accompagner ainsi le mode de production A.B. de l'exploitation.

  • Les insectes fondateurs de l'élevage actuel sont issus de dons de matériels vivants (larves pour Koppert, adultes pour IFTECH)
  • Pour élever des insectes utiles pour un usage local à moindre cout, les participants ont privilégié l'usage :

                             - de matériel de récupération (bouteille vide d'eau en plastique, etc),

                             - de matériel emprunté à la vie quotidienne (compresses de gaze, pinces à linge, pinceaux d'aquarelle etc...)

 

 

Premières émergences de chrysopes adultes le  8 novembre

Avant les vacances de Toussaint, Koppert a fourni des larves de chrysopes.

Elles ont été mises en élevage, et malgré une carence en approvisionnement en pucerons pour les nourrir, quelques adultes ont été produits. Ils ont été installés dans des boites d'élevage conçues à partir de bouteilles en plastique. Chaleur, aération, lumière nourriture et abreuvoir tout le nécessaire est prévu pour une bonne reproduction...

 

 

 

Un modèle tout simple de pondoir réalisé à partir d'une bouteille vide La bouteille est sectionnée au niveau du culot L'aération est pourvue par la pose d'une compresse de gaze maintenue par un élastique et des trous fins dans la bouteille La nourriture est appliquée à l'intérieur du bouchon fermé. L'abreuvoir est composé d'un sopalin humidifié déposé sous et au contact de la gaze.

 

 

 

 

 

Une chrysope adulte


 

 

 

 

 

 

Agrandissement de l'élevage 10 novembre

Les chrysopes adultes drômoises ont accueillies, sous la neige, des chrysopes angevines (gracieusement fournies par IFTECH une entreprise éleveuse professionnelle de ces auxiliaires des cultures)

D'autres pondoirs sur le même modèle que précédemment ont été fabriqués. Elles les apprécient car elles y pondent de manière importante. Normal, elles sont bichonnées, au chaud, et ont des visites régulières de curieu(ses)x et intéressé(e)s. Intrigantes ces chrysopes !!

   

 

 

 

 

Fin de l'installation des boites d'hivernages.

Bien que disposées à l'extérieur, les boites devaient être arrimées sur des piquets. C'est chose faite depuis hier grâce à des échalas et des bracelets plastiques récupérés. Vous pouvez maintenant retrouver ses boites sur les emplacements indiqués sur la photo. Ne pas les toucher s'il vous plait...Leur installation dans les haies bien que laborieuse est une vraie satisfaction pour l'équipe.

 

   

 

 

 

Le fonctionnement de l'élevage

 

Rappel : tout le matériel animal et végétal nous a été fourni gracieusement.
Nous privilégions l’utilisation de matériel de récupération (bouteilles, papier kraft,..) et l’emprunt de matériel ( les boites, la loupe frontale, ..).

 

Les pondoirs

Nous élevons les chrysopes adultes dans des pondoirs artisanaux que nous confectionnons à partir de bouteilles plastiques découpées en cylindre.

Les parois des bouteilles sont garnies avec du papier kraft . Les ouvertures sont fermées par des carrés de gaze qui permettent l'aération du pondoir sans que les adultes s'échappent.

 

 

 

 

3 fois par semaine nous changeons les adultes de pondoirs afin de récupérer les œufs pondus sur le papier. Certaines s'échappent. Ces évadées sont alors capturées grâce à l'aspirateur à bouche fabriqué " club chrysoperlis"

 

  

 

La nourriture des adultes s’inspire de celle qu’elles recherchent dans la nature. C’est un mélange de miel, levure de bière et pollen. L’abreuvoir simple est composé d’un bouchon de plastique contenant du papier absorbant humide.

 

 

Les oeufs

Les feuilles de papier kraft porteuses d'œufs sont récupérées lors du changement de pondoirs. Découpées elles sont deposées dans une boîte sur un substrat (cosses de blé noir ou bandelettes de papier). Une bandelette de carton ondulé est rajoutée et servira de mangeoire pour les futures larves. Nous notons sur chaque boite la date. C'est important pour commencer le nourrissage des larves. Nous avons observé qu'elles éclosent 5 à 6 jours après la mise en boite.

 

 

 

Les larves

 

 

Nous nourrissons les larves 3 fois par semaine :

 

  • soit avec des pucerons récoltés sur l'élevage local de pucerons de la féverole,

 

 

 

 

  • soit avec des œufs de papillon

 

 

 

 L'organisation

 

 

En plus du suivi de l'élevage (voir plus haut), les mercredis nous préparons les pondoirs et la nourriture des adultes jusqu'au mercredi suivant. Nous effectuons les semis de féveroles, rangeons et nettoyons notre matériel.

Les autres jours de la semaine, nous passons par équipe de 2 (et plus) pour le suivi du bon fonctionnement de l'élevage (surveillance et humidification des abreuvoirs, émergence des adultes ...)

Le lundi et vendredi cette équipe changent les pondoirs et nourrit les larves. Tout cela avec passion, très bonne humeur  et curiosité !!!