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Voyage des Terminals S en Normandie octobre 2015

LES ELEVES DU VALENTIN DEBARQUENT EN NORMANDIE

 

C'est une plongée au coeur des paysages, de l'histoire, du terroir gourmand de la Normandie à laquelle les élèves de Terminale S ont été conviés dans le cadre d'un voyage d'étude qui s'est déroulé du 11 au 16 octobre 2015, en lien avec leur spécialité E.A.T (Ecologie-Agronomie-Territoires), accompagnés de leurs enseignants de Biologie-Ecologie, Français et Histoire-Géographie.

 

Accueillis au petit matin par un toit brumeux et un Saint-Michel enluminé de soleil, les visages embués par la fatigue d'une nuit trop courte furent vite ranimés par les beautés matinales de la baie du Mont-Saint-Michel. La matinée commença par une visite libre du village médiéval et de l'abbaye. Profitant des savoirs d'un conférencier, le groupe put pénétrer dans les arcanes de cette architecture complexe. Il découvrit ainsi les magnifiques colonnades croisées du cloître, le réfectoire, la salle des chevaliers ou encore les souterrains labyrinthiques de ce lieu vieux de plus d'un millénaire, classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

 

 

 

                                                                                                     

 

 

L'après-midi fut consacré à l'exploration pieds-nus, sous la conduite d'un guide naturaliste, de la baie. En lien étroit avec leur programme d'écologie, les élèves ont pu appréhender concrètement, non seulement la richesse et la diversité de l'écosystème mais aussi les menaces environnementales qui pèsent encore sur la baie. Bain de boue et de savoir, tel fut le programme de ces trois heures de prospection d'un site maritime d'exception.

 

Le Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement de Lessay, situé au coeur d'une pinède, nous accueillait en soirée, et pour toute la semaine, pour un moment bienvenu de convivialité et de repos.

 

Au coeur de l'histoire

La journée du lendemain fut placée sous le signe de l'histoire. Elle débuta par la visite du cimetière militaire allemand de la Cambe. Là, vingt trois mille soldats allemands sont enterrés ; leur sépulture est marquée d'une simple plaque carrée. Les élèves n'ont pas manqué de remarquer que certains avaient leur âge. Après ce temps de silence et de recueillement : direction le site de la Pointe du Hoc au-dessus de la plage d'Omaha Beach, la sanglante. Les falaises, le terrain perlé de cratères, les casemates et les plates-formes de DCA firent prendre conscience aux élèves de la bravoure héroïque des soldats américains et de la violence inimaginable des combats. Du haut de ces falaises balayées par les vents, il n'était pas difficile, en scrutant la mer, de ressusciter la saisissante vision de milliers de navires de guerre ponctuant l'horizon. Moins austère que le cimetière allemand, le mémorial américain de Colleville-sur-Mer est à la mesure du sacrifice des soldats alliés. Plus de neuf mille croix de marbre blanc dont l'alignement parfait, solennel plonge vers la mer, vers Omaha Beach, avec en fond sonore le bruit des vagues, ce même ressac ausculté par une pluie de feu le jour J, laissent dans l'esprit une impression étrange de présence et de paix. Il plane sur ce lieu une aura de respect et de souvenir.

 

 

 

 

 

L'après-midi, au Mémorial de Caen, les élèves révisèrent leur cours d'histoire. La scénographie originale et vivante invite le visiteur à remonter le temps, de la guerre 14-18 à la guerre froide. Films, photographies, témoignages, objets rares, ambiances sonores reconstituées les plongèrent alors certes dans une sinistre réalité difficile à oublier, mais surtout dans un voyage au coeur de l'espoir, d'une réflexion sur la paix.

La fin de la journée s'acheva sur une pérégrination à travers les bocages normands, allant de Saint-Mère-Eglise, célèbre pour son parachutiste suspendu au clocher à la plage d'Utah Beach. Partout les stigmates de la guerre, tanks, canons, véhicules blindés, cratères d'obus, mémoriaux, sculptures, ... rappellent l'omniprésence de l'Histoire.

 

Entre terre et mer

L'observation des oiseaux des marais du Cotentin et la visite d'une ferme ostréicole constituèrent le second volant écologique du voyage. Le matin du mercredi 15 octobre, à Saint-Côme-du-Mont, la classe fut sensibilisée, à travers les animations organisées par la maison du Parc Naturel Régional du Cotentin et du Bessin, au rôle de l'homme dans le marais et à son impact sur l'environnement. L'observation de la faune et de la flore, la découverte de l'habitat, de la reproduction de certaines espèces animales comme les aigrettes, les courlis, les canards siffleurs, la biologie des zones humides n'eurent plus de secret pour les terminales.

C'est en tracto-car que Monsieur Sébastien Lejeune, ostréiculteur, nous conduisit au milieu des parcs à huîtres de la baie de Saint-Vaast-La-Hougue. A perte de vue, la marée basse découvre de vastes bancs d'huîtres qui témoignent du dynamisme de la région cotentine. L'élevage de ce mollusque a suscité l'intérêt des élèves qui ont longuement questionné cet exploitant très émouvant, qui a préféré conserver des pratiques de production traditionnelles malgré les difficultés rencontrées.

 

 

 

 

Un territoire dynamique

Le propriétaire de la ferme cidricole de l'Hermitière communiqua avec ferveur et pédagogie sa passion du métier. Les élèves eurent ainsi le loisir de comprendre tout le processus de production du cidre, de la pomme au jus, du pressoir aux caves, de la salle d'embouteillage aux chais. La visite du petit écomusée, rassemblant une collection de pièces rares, anciens pressoirs, alambics, outils,...conclut un parcours fort instructif.

Face aux difficultés de la production laitière, Sylvie Poulain et André Lefranc, exploitants agricoles, se sont lancés dans la fabrication artisanale des caramels pour optimiser le lait entier de leurs vaches normandes, qui paissent librement dans les prés salés de la baie Saint Michel. Le succès de Cara-meuh est tel qu'ils ont presque doublé leur production depuis le lancement de la vente des caramels. Dégustation de cidre et de caramels inscrivait cette journée dédiée au terroir normand sous le sceau de la convivialité et du partage.

Hélas, elle annonçait bientôt la fin du séjour. Dernière étape avant le retour sur Bourg-lès-Valence : la visite de la cité corsaire de Saint-Malo, " couronne de pierre posée sur les flots ", pour reprendre les mots de Flaubert. Pour clore le séjour en apothéose, les élèves de Terminale S eurent quartier libre pour flâner sur les remparts et les bords de mer, pour jouir, une dernière fois, des lumières changeantes de la Normandie ou même pour goûter aux spécialités culinaires.

La pleine réussite du séjour suscita quelques regrets quand vint l'heure du retour. La présence d'un chauffeur charmant prêt à prendre les chemins de traverse, la diversité des interventions et sites visités, l'intendance sans failles et une météo clémente ont largement contribué au succès de ce voyage d'étude. La programmation extrêmement dense et variée ne ménagea que peu de temps de répit mais c'est toujours dans la bonne humeur que les élèves ont accepté les nombreux trajets en bus et les journées chargées mais captivantes. Ils ont été des acteurs coopératifs et attentifs, même si parfois des recadrages ont été nécessaires. Les intervenants, connaisseurs accueillants et passionnés de leur territoire, ont toujours su capter l'attention de l'auditoire. C'est donc la tête remplie d'images fortes, d'instants uniques où se sont entremêlés avec émotion présent et mémoire, de curiosités et de connaissances utiles à leur cursus scolaire qu'ils sont rentrés en Drôme.