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Rencontre avec Denis De Welle, producteur biologique à St Martin de Crau (13)

L'amandier n'est pas l'arbre qui vient en premier en tête lorsqu'il s'agit d'évoquer les arbres provençaux, mais il vient se placer en bonne position derrière l'olivier. Implanté majoritairement dans les départements des Bouches-du-Rhône et dans les Alpes de Haute-Provence, l'amandier est le premier arbre fruitier à fleurir dès la fin de l'hiver avec ses fleurs couleur rose et blanches, même lorsqu'il gèle encore le matin.

 

 

Installé en 1991, Denis De Welle possède une exploitation de 80 hectares dont 15 hectares utilisés pour la production d'amandes. Les variétés cultivées sont les plus communes de la région, " Lauranne Avijor " et " Ferragnès ".

La première atteint sa maturité à la fin de l'été, elle est choisie pour son bon potentiel de rendement, sa mise à fruit rapide et surtout pour son auto-fertilité. " Ferragnès " atteint sa maturité un peu plus tard. Elle est choisie pour permettre aux producteurs de pouvoir décaler les dates de récolte afin d'être en capacité de vendre sur une plus longue période. En revanche cette variété n'est pas auto-fertile, elle nécessite une pollinisation ce qui lui permet d'avoir un rendement plus élevé.

Âgé de 25 ans les arbres ont été recepés il y a 15 ans. Le recépage est l'action de couper un arbre à sa base pour qu'il puisse produire de nouvelles pousses. À partir de la même souche, l'arbre, grâce aux rejets est capable de produire plusieurs tiges productrices.

 

 Du fait d'être en production biologique, la lutte contre les maladies reste un sujet sensible surtout pour les arbres fruitiers. Les amandiers sont des porteurs sains de la sharka, ils peuvent être contaminés par le virus mais sans avoir d'effets néfastes sur la culture et sans impacter le rendement. Cependant, cela peut-être dommageable pour les arbres des producteurs voisins.

Le pastoralisme

Le verger de M. De Welle est doté d'une couverture végétale intégrale et naturelle au sol. La gestion de cet enherbement s'effectue par le pâturage des moutons d'un berger voisin. Cette méthode est économe. En revanche il est tout de même nécessaire de protéger les jeunes arbres pour éviter tout risque de grignotage des écorces et provoquer un ralentissement ou pire si l'épluchage fait le tour de l'arbre, la sève ne circulant plus, entraînant la mort de l'arbre.

Denis De Welle transforme lui-même ses amandes, en poudre et en nougat. La transformation ne se fait pas sur toute la récolte et il garde des amandes sous leur forme brute afin de les commercialiser au marché d'Aix-en-Provence ou encore de Marseille. Il écoule toute sa production sur une année. La production d'amandes représentent 50% de son chiffre d'affaire, l'autre partie est générée par son atelier de grandes cultures.

La culture de l'amande est peu répandue en France et même si c'est un marché porteur, seulement 200 hectares sont cultivés. Facile de transformation avec une demande exponentielle tant en cuisine que en cosmétique, cet arbre a un bel avenir.

 

 

Auteurs : Quentin Pitiot, Rémy Durand, Aly Tsaralza, Kevin Boucher

 photos : M Thorens